Le Baron5 - "It's so nice when you're my toy" (2003)
Par Tristan - Indiepoprock.net / 2006
Tel Angelo Badalamenti sequestré en home studio, Le Baron5 compose la bande-son d’un film tellement cryptique qu’il n’existe encore que dans les rêves tordus de David Lynch. Le parallèle est particulièrement criant sur quelques morceaux : Tic Tac, qui pourrait accompagner la danse d’une Audrey Horne en jardin d’enfants dans un Twin Peaks de récup’, ou bien Pleurs d’éléphants où un solo de trompette synthétique vient tracer un parallèle entre le jazz classieux de Badalamenti et l’électronique ouvertement factice de Vangelis. Si l’humeur reste presque constamment maussade, incertaine comme une fin de nuit blanche, les styles abordés sont en revanche très variés, d’une sorte de salsa sarcastique (Domain) à des obstinations kraftwerkiennes (Ambiant), en passant par des divagations jazzy entre trottoir et caniveau (Ballade Mon Amour). L’ensemble manque, c’est un fait, d’homogénéité, mais Le Baron5 réussit à conserver, en fil d’Ariane, une constance dans l’élégance, une classe faussement négligente, qui font tout le charme de sa musique. “It’s So Nice When You’re My Toy” est un disque assez passionnant, en dépit de quelques paresses occasionnelles qui auraient dû faire l’objet d’un dégraissage préalable (Hello! (you seem like a flower)). On pardonne volontiers ces quelques complaisances car le pari est, à l’évidence réussi : il y a de la puissance, du style et du panache dans cette musique. C’est déjà énorme. Ces sons attendent, c’est une évidence, leurs images.
Par Webzine nameless / 2006
le baron5, cet opus au nom quelque peu provocateur pourrait bien ne pas passer inaperçu du côté des dévoreurs d’ambiances électroniques. Développé au départ au Théâtre Marni en tant que spectacle moderne pluridisciplinaire, le baron5 s’est aujourd’hui érigé en projet musical à part entière et nous délaisse alors ses compositions acides sur tempos tantôt lents, tantôt rythmés. Et le résultat ne se fait pas attendre. On en mange, on en redemande et les atmosphères qui se succèdent ne sont qu’images foisonnant dans notre imagination sans borne. Sans contestation possible, voilà bien une musique théâtrale autant que cinématographique et, surtout, envoûtante. Certains penseront évidemment au Richard, Duke of York des génialissimes d.a.a.u., mais le baron5 tire son épingle du jeu et s’affirme d’emblée comme beaucoup plus électronique et n’hésite pas à faire usage à quelques réminiscences vocaliques sporadiques .
Par Xavier Sauvenier / Advalvas / décembre 2005
Et surtout ne pas se fier aux apparences: l’album du Baron5, sous une pochette faisant quelque peu penser au
'Pornography' des Cure, ne donne pas dans la cold-wave. Un album diablement difficile à classer en tous cas,
ce qui énerve presque toujours les critiques mais, paradoxalement, est souvent un gage de qualité.
Le Baron5, c’est avant tout des amoureux de musique prêt à tout pour bousculer le conventionnel,
le formaté. Sous son propre label, véritable tremplin pour groupes bourrés de talent (cf. Keep one eye on me)
- le groupe propose ici la bande-son d’une pièce de théâtre ('Le collectif barré').
Le disque laissera un goût étrange à quiconque s’aventurera à l’écouter: un mélange de plages
tantôt électro (‘Runnin’, ‘Toys land’), tantôt plus organique (le piano classique de ‘Missive’
se fait crooner sur ‘Ballade Mon Amour’ et tango sur ‘Domain’).
Sur certains titres, le groupe lorgne vers le psychédélisme du Floyd
(‘Fin de toi’, ‘Pleurs d’éléphants’) voire Robert Wyatt
(Tic-Tac’ où cette sorte de xylophone se mute soudain en…Dieu sait quoi).
Et tout se beau monde partouze allègrement tout au long du disque: déroutant!
Evidemment, ça sent parfois un peu le bricolage. Et certaines bonnes idées auraient
mérité de devenir des compositions plus abouties (‘Drunk Trumpet’).
Mais tout ceci est le propre des premiers albums et fait également leur charme.
Au final: une bande-son inclassable et attachante, à écouter d’urgence pour ses idées bouillonnantes
(www.byrecords.com) .
Par Vincent / Zabladowski / décembre 2005
Une fois n’est pas coutume, je vais faire un peu d’agriculture musicale et soutenir un artiste du terroir,
j’ai nommé Le Baron5. Le Baron5 est un produit qui met à mal l’hégémonie des
Girls In Hawaii sur la scène musicale brainoise vu que derrière ce nom pour
le moins énigmatique, se cache Julien Van Aerschot, un garçon qui à défaut d’être brainois,
a fait ses études secondaires à l’Institut Vallée Bailly, l’école alternative au Collège Cardinal
Mercier où la plupart des membres des Girls In Hawaii ont usé leurs fonds de culotte. Pour enfoncer
le clou et terminer cette petite digression brainoise, l’album est paru sur b.y_records, label monté
par monsieur Van Aerschot et deux de ses copains, membres de Keep One Eye On Me
et également issus de l’école alternative en question. Quand je dis que les Girls In Hawaii n’ont qu’à bien se tenir...
Heureusement pour les Girls, Le Baron5 n’officie pas du tout dans la même catégorie.
C’est de l’électronique bricolée chez soi avec un côté cinématographique fort prononcé.
Certains y voient Angelo Badalementi... C’est vrai qu’il y a un petit côté Twin Peaks avec
ces morceaux jazzy alternants morceaux instrumentaux ne lésinant pas sur les nappes de synthés bon marché.
Mais bon, soyons réalistes, il y a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que Le Baron5 soutienne la comparaison.
Si c’est évident que son album pourrait être utilisé comme la bande originale d’un film,
ce serait pour au plus une serie B fauchée.
N’empêche que la première moitié de l’album est plutôt efficace et alterne donc morceaux
"Twin Peaksiens" et électroniques assez sombres avec en apogée un furieux et désespéré Ambiant#
qui, à lui seul, justifie l’écoute de l’album. Après hélas, cela devient un peu n’importe quoi.
L’album enchaîne relecture cheap du générique de Strip Tease, morceaux technos à deux balles ou plus
festifs, mais néanmoins inefficaces. On a un peu l’impression qu’il n’a pas su s’arrêter à temps.
Reste que cette première moitié montre que Le Baron5 a un potentiel certain.
Alors, je vous invite à découvrir la chose et vous faire votre avis, car qui sait, dans 5 ans,
le monsieur signera peut-être la bande originale du 3ème film de Fabrice du Welz.
Par Fred / Webzine Nameless / août 2005
Premier album du collectif bruxellois le baron5, cet opus au nom quelque peu provocateur
pourrait bien ne pas passer inaperçu du côté des dévoreurs d'ambiances électroniques.
Développé au départ au Théâtre Marni en tant que spectacle moderne pluridisciplinaire,
le baron5 s'est aujourd'hui érigé en projet musical à part entière et nous délaisse alors ses
compositions acides sur tempos tantôt lents, tantôt rythmés.
Et le résultat ne se fait pas attendre. On en mange, on en redemande et les atmosphères qui se
succèdent ne sont qu'images foisonnant dans notre imagination sans borne. Sans contestation possible,
voilà bien une musique théâtrale autant que cinématographique et, surtout, envoûtante.
Certains penseront évidemment au Richard, Duke of York des génialissimes d.a.a.u., mais le
baron5 tire son épingle du jeu et s'affirme d'emblée comme beaucoup plus électronique et n'hésite pas à faire
usage à quelques réminiscences vocaliques sporadiques .
By Joeri De Ren / Dogmatik - Février 2005
One man, Julien van Aerschot, decided to make a musical score for a play back in 2003 and out of that
grew a band / project. This then lead to the release of this album : "It's So Nice When You're My Toy".
This is not bedroom music… A lot of work went into the CD and a lot of studio time was
actually needed to deliver the album. And this definitely is an album that shows craftsmanship.
What we hear is a diverse album, full of influences and styles, yet all tracks do belong
the one to the other. They are homogeneous in the emotional incitement the CD brings.
One could at least state that the album is built around a central entity, some sort of central
nervous system that keeps the whole together as integrator of its parts.
The CD is a body, an organic entity, the style of the CD and all
tracks included is clearly coming from 1 source (1 exact DNA string), but of course none
of it's part resemble each other fully. The album provides musical excursions ranging
from rumba, tango and jazz to electro, minimal techno, ambient and electronic glitch.
Examples are the Latin inspired opener 'Missive', the Brian Eno - like
'Tic-Tac'
which is a glockenspiel experiment, 'Drunk Trumpet' which sounds like a more classical
instrument based alternative to Aphex Twin,
'ToysLand' which is composed through minimalistic droning toys-like sounds
and could have been taken from the "Cheap" label at any time as the so-called newest single by
Erdem Tunakan.
Overall the album is utmost entertaining as it constantly varies and offers listeners
a real guide into cross-over. Instrumentation on this album is that off a modern jazz trio
: drums, bass, voice, synth, piano and 'machines'. A trio, as for this CD, Julien plays synth, piano and machines and does the voices. He is joined by Mathieu Stos on drums and Fré Fontaine on bass.
And what more can I add then get your copy now !!!
Par Bo Derek / sixi6me-element / 2005
C'est le parti que semble prendre le Baron5 avec son fort beau disque It's So Nice When You're My Toy.
Cet album se compose en majeure partie de pièces digitales où les instruments digitaux laissent transparaître
les côtés les plus émouvant de leur âme numérique. Les ritournelles orchestrées par Julien Van Aerschot
font se fusionner l'esprit vivant des instruments acoustiques avec la froideur primitive de son studio
électronique.Le bonhomme se présente comme un véritable charmeur de machine ouest-philippin et
extrait de ses jouets une musique bouleversante de sincérité.
Les machines chantent avec coeur dans une ambiance de cabaret enfumé.
Cette image vient à l'esprit alors que s'offre à nos tympans le spectre sonore de ce disque.
Et pour cause : au commencement, le collectif barré du Baron5 était un groupe de créateurs pluridisciplinaires
dont le travail pris la forme, en premier lieu, d'un spectacle de cabaret déjanté. Le 17 Janvier 2003,
l'unique représentation se joue dans un Théâtre Mami (Bruxelles) comble avec pour accompagnement sonore
ce qui constituera les fondations de It's So Nice When You're My Toy. Il faudra attendre l'année 2004
pour que Le Baron5 se concrétise en tant que projet musical à part entière (avec le
lancement en parallèle du label b .y_records).
Il en résulte une œuvre de haute volée qui évoque la bande originale d'un film. Les références sont nombreuses et la richesse du disque se révèle d'une manière différente à chaque nouvelle écoute.
Le résultat donne une musique joyeusement bancale à la manière des personnages des films de Tim Burton comme Edward aux mains d'argent, un poète condamné à blesser tout ce qu'il touche.
Tout comme les films de Burton, l'atmosphère générale qu'impose Le Baron5 rappelle l'enfance,
une chambre remplie de jouets et d'univers imaginaires, à la fois inquiétante et excitante,
comme un monstre caché dans un placard.
Le chant des machines de Julien Van Aerschot emprunte de nombreux chemins, fréquentant les
bars de la butte Montmartre (notamment sur les deux morceaux très jazz Missive et Ballade Mon
Amour et le latin jazz sur Domain , construits autour d'un piano, d'une contrebasse et d'une batterie),
passant un samedi après midi à la fête foraine pour se prendre une cuite à la liqueur de barbe
à papa dans les montagnes russes (Drunk Trompet et Pleurs d'éléphants qui rappellent les travaux
festifs de Kimmlerei) ou s'attardant sur un levé de soleil champêtre (Ambiant#).
Cette épopée sonique se clôt dans la mélancolie technoïde de Toy's Land et Fin de Toi,
très proches d'une certaine vision de la techno venant de Detroit que l'on retrouve dans la musique
d'Ectomorph et plus récemment de Der Zyklus.
It's So Nice When You're My Toy est un road movie musical,
un disque mouvant qui emmène l'auditeur danser au bal de promo, non sans lui avoir
fait gober un petit quelque chose avant de partir. Pour qu'à son tour il devienne un jouet.
Par DEA / Surreal Sound / février 2005
Voici pour moi l'un des disques les plus surprenants et envoutants
que j'ai pu entendre ces derniers mois. Si ses producteurs se plaisent à dire que l'on
trouve quelque chose de Badalamenti dans cette pièce (fameuse), sachez qu'en effet on
peut se retrouver dans des ambiances comparables à celles qui naissent baignées de la musique
de Badalamenti dans les films de Lynch ou encore de Caro et Jeunet...
Si ce disque était le soundtrack d'un film, il y a fort à parier qu'il s'agirait d'un fort bon film,
qui passerait sans doute aussi inaperçu qu'un Lost Highway ou un Mulholland Drive…
Acoustique, samples et interventions électroniques se mêlent intelligemment,
et plongent inévitablement l'auditeur attentif dans des ambiances plutôt sombres où tout peut arriver…
Notons pour conclure qu'il s'agit d'une production " bien de chez nous " d'une grande qualité…
À se procurer absolument !